Minuit, Place Blanche.

Frigorifiés par le vent froid qui s’engouffre dans la bouche de métro,
Mes doigts claquent des dents sur un air entraînant.
Je jette un sou clinquant à l’homme qui s’abrite derrière son vieux piano à bretelles.
Me voici parti pour attendre ma belle.

Ni les Venus, ni les plus adorables hanches de Pigalle
N’ont survécu à l’ambiance glaciale de la fin décembre.
A cette heure la Cigale s’est endormie et les meutes ne chantent plus.
Toi qui dort, vois-tu Paris qui Jazz ?
Depuis nos Folies Bergères jusqu’en dehors des frontières,
Le tic-tac monotone des métronomes a décidé les musiciens à rentrer dans la danse.

Dans les bars du bord de Seine ou sous les ponts de Saint-Louis,
Les mélodies ne sont jamais les mêmes
Et l’on entend des airs venus de la Nouvelle Orléans
S’essayer sur les planches de la Place Clichy.

Parlez moi de Joséphine et de son collier de banane,
Je vous dirais que même les plus belles roses se fanent.
Paris c’est Paname,
Nos rêvent se finissent en peau de chagrin
Comme un pas sur une peau de banane.

Paris d’hier et de demain.

Regardez Mistinguett l’a tellement dans la peau
Qu’elle en est devenue complètement marteau.
Debout face au Trocadéro, l’étoile au firmament s’est éteinte au Soleil levant.
Qui se souvient de son plus grand triomphe ?
« Ca, c’est Paris … »

Loin des vides complaintes d’un vieux fou à moustache qui,
Allumant sa cigarette, lance des signaux de fumées,
Des passants mal armés fuient l’arrivée au galop des Apaches.
Je dissimule ma crainte et m’évanouis entre deux rangées
D’arbres dans la longueur du gigantesque boulevard.

Non, ce n’est pas un cauchemar, la belle n’était qu’en retard.

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