Sur les routes de l’Ouest américain

A peine un an après avoir parcouru une bonne partie de la Californie, me revoici sur les routes de l’Ouest américain en compagnie d’un ami. Sur les traces de mes propres pas, pourrait-on dire, puisque mon parcours débute à San Francisco, dans le quartier de Mission District, avec son ambiance très populaire. Je retrouve quelques uns de mes endroits favoris à l’ambiance très chaude, comme le Zeitgeist (bar rock’n’roll) ou le Revolution Café. Je profite aussi de la gastronomie mexicaine propre au quartier. Petits bémols, sur 4 jours passé à San Francisco, trois se sont déroulés sous la pluie averse, et l’auberge de jeunesse était un taudis (même si j’en garderai des anecdotes mémorables ). Au troisième jour, on sort un peu de la ville pour assister à un match des Sharks, à San José, mon équipe de hockey favorite ! Le prix de la place valait le coup, avec une victoire 4-0 des Sharks vs les Colorado Avalanches. En bonus, ça bastonne dur sur le terrain…

L’étape suivante est Phoenix, Arizona, même si le but n’est pas de visiter cette mégalopole morte. La cinquième ville des Etats-Unis est un repère de retraités venant profiter du soleil. La ville s’étend sur des kilomètres formant un conglomérat urbain, tout comme Los Angeles ou Mexico. On gagne presque 20°C par rapport à San Francisco et les cactus Saguaro pullulent. On sort rapidement de la ville afin de rejoindre mon prochain point d’étape, Flagstaff. Cependant, on détourne notre chemin pour suivre une route surprenante, celle de l’Apache Trail, une piste d’environ 50km dans les montagnes environnantes avec des panoramas splendides. Les cactus sont partout ! Je ne l’ai appris qu’après coup mais ces cactus très communs dans la région sont plusieurs fois centenaires. Ils ne poussent que de quelques centimètres par an, et pourtant ils mesurent la taille d’un chêne ! La piste aboutie au Roosevelt Dam, qui est le plus grand barrage en maçonnerie du monde. Brique par brique, il se hisse à 93m de hauteur. La ballade prend presque 4h, et en arrivant en fin d’après-midi à Flagstaff, le changement de décor est radical. En haut des montagnes culminant à 2300m d’altitude, la neige est abondante et les forêts de pins ont remplacé les cactus.

Un couple, Sidney et Steven, nous accueille en couchsurfing durant 2 jours, et nous font découvrir la ville avec son ambiance étudiante le soir tombé. Le lendemain, on prend la route pour Petrified Forest, situé à l’Est de l’Arizona. Sur la route se trouve Meteor Crater, le fameux cratère que l’on voit dans tous les livres d’histoire pour illustrer la disparition des dinosaures. Une belle arnaque puisqu’il faut payer 15$ pour voir un trou. Cela reste tout de même impressionnant. On ne réalise pas les dimensions du cratères, qui mesure 1265m de diamètre et 174m de profondeur ! Cent miles plus tard, on arrive dans le parc de Petrified Forest, entouré du Painted Desert. Le dépaysement est garanti, même si comparativement aux autres parc que je visiterai plus tard, ce fut probablement le moins spectaculaire. La géographie des lieux est assez invraisemblable avec des collines déchiquetées par l’érosion, dévoilant des troncs entiers d’arbres pétrifiés, suivies de vastes plaines très ventées. Les troncs arborent des couleurs ambres, rouges, jaune, marron, et forment des arcs en ciel. Malheureusement, il semblerait que les plus belles pièces aient été saccagées par les premiers visiteurs des lieux, avant que la région deviennent un parc national au début du XXe siècle. Dans le minuscule musée situé à l’entrée du parc, on peut aussi voir quelques squelettes de dinos retrouvés dans le parc.





Au septième jour de voyage, nous voici rendu à Grand Canyon, pour observer cette merveille géologique. J’avais pu voir des photos, des vidéos, des reportages et tant d’autres choses, comme monsieur tout-le-monde…. et pourtant, je ne pouvais pas imaginer le Grand Canyon ainsi. C’est tout simplement sublime, à la fois par la grandeur et par les détails, les crêtes déchiquetées, les méandres du Colorado qui creuse grain de sable par grain de sable ce canyon depuis des millions d’années. On passe la journée à admirer tous les points de vue de la rive Sud du parc (la rive Nord du Grand Canyon est fermée jusqu’au printemps), et on se lance dans une randonnée de 4h, le South Kaibab trail, qui nous amène à un point de vue magnifique, même si après 2h de marche dans la neige et dans la boue, on ne voit toujours pas le bout du Canyon. J’aurai aimé rester là bien plus longtemps, et surtout venir au printemps pour profiter de la chaleur et descendre une partie du Colorado en rafting. Une vraie expédition en quelque sorte !




Le lendemain, c’est un autre cliché de l’Amérique qui m’attend. On prend la route pour Monument Valley, le paysage mythique des westerns. On traverse d’abord les réserves indiennes Hopi et Navajo. Après la grande ville au luxe européen, nous voici dans le tiers-monde. Une bonne partie de la population vie sans eau courante ni électricité, en plein milieu de terres arides. Il est difficile d’imaginer les conditions de vie, surtout quand la première station service est à plus de 100km et l’hôpital à 250km. Derrière les sublimes paysages, se cache effectivement la pauvreté et la précarité. Ici le dépaysement est total. L’arrivée sur Monument Valley est magnifique, avec une route faite de lignes droites s’étendant sur 50 ou 60km. Le parc se déguste quant à lui comme un bon film, et tous nos sens sont en éveil.





Le manque d’hôtel dans la région m’oblige à faire du couchsurfing, une nouvelle fois. Et quelle expérience ! Une partie de Rock Band endiablée, des enchilladas qui goûtent le ciel, et des conseils avisés qui nous ont permis d’éviter l’écueil de me rendre le lendemain à Zion Park, où une tempête de neige sévi. Le lendemain, on prend donc une toute autre direction qu’initialement prévue, en nous rendant au Canyon de Chelly. Le lieu est lourd de sens pour la population indienne, puisque c’est à cet endroit que le peuple Navajo a déposé les armes. Le canyon est encore habité par des Navajos aujourd’hui et outre des paysages magnifiques, avec des formations géologiques surprenantes comme le Spider Rock, on retrouve aussi de nombreuses ruines de villages Anasazis (ancienne tribu indienne, disparue au XIII-XIVe siècle). Ces villages sont carrément perchés dans les creux de falaises de plus de 300 ou 400m de hauteur, de manière très spectaculaire. Le soir, on rentre chez mon fameux couchsurfeur, qui, chose incroyable, nous offre l’hôtel à cause d’un imprévu de dernière minute. Je suis encore troublé aujourd’hui par autant de générosité !



Après cette péripétie, nous faisons route vers l’Ouest, en direction de Page et du lac Powell. Il fait gris et avec le risque de pluie (voire de neige), il n’est pas recommandé (pour ne pas dire interdit) de s’aventurer dans les canyons du coin. On s’aventure tout de même dans Antelope Canyon avec un guide Navajo qui conduit à 100km/h sur la plaine de sable. La fente taillée par le vent fait à peine 2m de large sur plusieurs centaines de mètres de longs. De rares rayons de soleil entre à l’intérieur et dévoilent une roche orange / ocre dessinée par le souffle du vent. C’est le paradis du photographe, surtout en cette saison puisque rares sont les touristes ! A quelques kilomètres de Page se trouve aussi Horseshoe Bend, un étonnant méandre du Colorado, en forme de fer à cheval. Encore une fois, si la photo parle d’elle-même, elle ne représente pas l’immensité des lieux. Les falaises tombent à pic sur 400m de hauteur et le Colorado fait peut-être la largeur de la Seine ou de la Loire à cet endroit. Le soir, nous sommes hébergés par un autre couchsurfeur, fort étonnant. Il est le premier maire ouvertement gay d’une petite ville (Big Water) peuplée de mormons dans l’Utah, état ultra-conservateur. Ses trois premières décisions en tant que maire, furent (dans l’ordre) : abolir la marijuana, diviser par deux les impôts et goudronner les rues ! Improbable.


Retour dans le froid. La traversée de Zion Park est pénible car il neige. De manière imprévue, nous décidons de foncer tout droit dans la Death Valley, en Californie. J’avais déjà visité le parc l’année dernière à la même période mais cet endroit est tellement insolite que ce fut un plaisir de le revisiter une nouvelle fois. Les badlands restent définitivement l’un de mes paysages préférés, avec ces montagnes déchiquetées et très colorées. Durant les différentes randonnées, j’ai d’ailleurs pu découvrir de nouveaux paysages et surtout quelques entrées de mines de borax (ne pas s’aventurer : rempli de scorpions, serpents et peut s’effondrer à tout moment). Après Grand Canyon, Monument Valley ou Antelope Canyon, j’en prends encore plein les yeux. D’autant plus que le lac salé (Bad Water) est sec et forme des plaques de sel impressionnante, ciselées par le vent avec des formations cristallines sublimes. Après une journée et demie de trail dans la Death Valley, direction Las Vegas pour profiter d’un matelas confortable dans un hôtel de luxe.




Le voyage touche presque à sa fin après plus de 2 semaines sur le territoire américain. On s’envole pour Los Angeles durant 3 jours pour retrouver des amis et visiter un peu la mégalopole. J’espère changer d’avis sur cette ville, qui m’avait déçue l’année dernière (trop grande, manque d’âme). La première soirée à Hermosa Beach, démarre sur une bonne note, avec une ambiance très agréable autour de l’auberge de jeunesse. En revanche, les deux autres journées n’auront pas été extrêmement palpitantes, peut-être la faute de la fatigue accumulée après 2 semaines de roadtrip. On déambule tout de même sur Hollywood Boulevard en faisant quelques bonnes affaires chez Amoeba Music. De même, on profite de l’ambiance déjantée de Venice Beach ou plus embourgeoisée de Santa Monica.

On reprend une nouvelle fois l’avion, cette fois-ci en direction de San Francisco pour une dernière soirée dans le quartier de North Beach. Un peu de shopping et retour en France. Sacré trip !

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