Itinéraire de douze jours en Ouzbékistan

Demander à ses amis de situer sur la carte où se trouve l’Ouzbékistan est le meilleur moyen de se fâcher avec eux. S’en suit généralement une remarque du style « mais qu’est-ce que tu vas foutre là-bas ? » à laquelle vous répondez nonchalamment « la route de la Soie, Samarcande, ça te dit quelque chose ? ». Dialogue de sourds. Il faut dire que cette république d’Asie Centrale est quelque peu oubliée par nos journaux télévisés et joui de nombreux clichés suite aux brouilles diplomatiques de ce pays plutôt fermé à l’Occident. Pourtant, la première impression que donne Tashkent, sa capitale, et confirmée par les visites des autres principales villes du pays, est celle d’un pays moderne qui possède des infrastructures et un certain niveau de vie. On pourra même emprunter le TGV !

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L’Ouzbékistan est le pays de tous les contrastes, entre modernité et tradition, avec des couleurs, des visages, des paysages et des cultures différentes. On se sent par moment en Russie, en Asie orientale ou encore au Moyen-Orient. Ce voyage m’en aura remémoré bien d’autres : l’Arménie, les Balkans, la Jordanie, l’Asie… Pourtant, peu de pays auront été aussi dépaysants et je reviens ravi d’Ouzbékistan. Les raisons en sont simples : une évidente barrière de la langue (les Ouzbeks parlent russe comme langue étrangère uniquement…), la culture musulmane qui ne m’est pas familière et surtout cette simplicité avec laquelle les gens nous ont accueilli. Les gens sont peu habitués à voir des touristes, ou tout du moins à pouvoir les côtoyer quelques instants (la plupart des voyageurs viennent en groupes par tour opérateurs). Le dimanche fut pour moi un plaisir de me promener dans les rues, car c’est le jour des sorties scolaires et en famille. Ainsi, aux abords des monuments ou dans la rue, de nombreux ouzbeks vous demandent de prendre des photos avec eux. Vous occultez alors la magnificence d’une medersa en arrière-plan et vous vous retrouvez à poser au milieu d’une famille. Vous pouvez commencez à échanger en toute simplicité avec ces gens souriants, bien loin des stéréotypes véhiculés en Occident. Néanmoins, la carte postale n’est pas toujours belle, le voyageur s’en apercevra dès son arrivée à l’aéroport où il croulera sous la paperasse à remplir puis tout au long du voyage avec les nombreux contrôles en tous genres…

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Au total, douze jours auront amplement suffi pour visiter les principaux lieux touristiques. Mon parcours se voulait très light car je craignais d’avoir du mal à me déplacer ou à me loger suite à la lecture de différents guides de voyages, qui sont objectivement de mauvais conseils pour ce pays ! Edité il y a plusieurs années et pas remis à jour, mieux vaut ne pas trop suivre leurs indications à la lettre. J’ai donc passé une journée à Tashkent, quatre jours à Samarcande, deux jours à Boukhara et quatre jours à Khiva. Le planning aurait pu être grandement optimisé mais j’ai eu quelques déboires avec mes réservations de guesthouse… Deux jours à Samarcande son amplement suffisants, 3 jours à Boukhara et 2 jours à Khiva sont idéals. Le temps économisé m’aurait permis de m’aventurer dans la vallée du Fergana. Les déplacements sont plutôt faciles grâce au train entre Tashkent, Samarcande et Boukhara. Par contre il faut partager un taxi pour relier Khiva ensuite. De même pour les hôtels  il est très facile d’en réserver à l’avance par téléphone. Boukhara et Khiva possèdent des B&B de grande qualité dans d’anciens caravansérails du 18 ou 19e siècle.

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Quels souvenirs garderais-je de mon voyage ? A Tashkent, ce fut une mésaventure due à la monnaie locale. Un dollar équivaut à 2700soms environ, selon le taux au marché noir (le taux officiel est fixé à 2000 soms dans les banques). Or, la plus grosse coupure est un billet de 1000soms. Ce qui signifie que vous vous retrouvez avec des liasses de centaines de billets dès que vous changez un peu d’argent. Je me suis fait avoir bêtement le premier soir en allant au restaurant, croyant avoir sur moi suffisamment d’argent, je n’avais pas assez pour payer ! J’ai dû marcher 3 bons kilomètres pour aller chercher une nouvelle liasse à l’hôtel ! Sinon, Tashkent est une ville qui mérite de s’y attarder une bonne journée. Il n’y a pas beaucoup de monuments mais il y règne une ambiance agréable, notamment autour du marché de Chorsu.

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A Samarcande, ce fut l’ennui. Derrière ce nom qui fait surgir pleins d’images, on trouve malheureusement une ville malheureusement très moderne et russifiée. De grandes avenues sans âme, personne dans les rues et surtout les touristes sont confinés à une promenade très balisée. A tel point que la ville plus authentique, l’ancien quartier juif, se cache derrière un épais mur avec de rares entrées. Les distractions le soir venu sont peu nombreuses, rares sont les restaurants. En quatre jours passés là-bas, j’aurai arpenté chaque rue, en long et en large, à m’en dégoûter de contempler les pourtant splendides medersa sur la place du Registan, la mosquée de Bibi Khanoum ou le mausolée de Gour-e-Amir. J’aurai pris néanmoins du plaisir à me reposer dans les cours intérieurs de ces Palais en me prélassant au soleil. Le dernier jour, par hasard, en passant par les petites rues derrière le Registan, j’ai pu entrer gratuitement sur la place en empruntant une porte dérobée. Presque perdu, je me suis retrouvé étonné face aux façades de mosaïques.  D’ailleurs, l’endroit le plus émouvant et le plus agréable à contempler pour ses mosaïques turquoises est probablement le mausolée de Chah-i-zinde. Le tombeau du prophète Daniel, de l’Ancien Testament, est aussi un endroit de recueillement paisible.

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Boukhara restera mon coup de coeur de ce voyage. Il s’agit probablement de la ville la plus singulière du voyage, avec une étonnante vitalité le soir venu, porté par un mélange de touristes et de locaux. Boukhara est un musée à ciel ouvert avec des bâtiments qui regorgent d’histoires dans chaque rue. Les cours d’anciens caravansérails transformés en ateliers d’artisanat ou en boutiques pour touristes, sont des lieux pleins de vie. Un peu plus loin, on découvre de magnifiques médersa, des mosquées, des hammams jusqu’à tomber face à la tour Kalon et ses décorations qui ont impressionné Genghis Khan. En fin d’après-midi, alors que le soleil se fait moins dur, une promenade le long des remparts de l’Ark rend la ville encore plus photogénique. J’aurai pris beaucoup de plaisir  me perdre dans les rues de cette petite ville. J’aurai aimé y passer plus de temps, mais malheureusement j’ai dû la quitter plus tôt car mon hôtel n’avait pas confirmé ma réservation…

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Je me retrouve donc avec un jour d’avance à Khiva après 6h de route chaotique, dans un paysage désertique. Trois jours à tuer dans un village, c’est un peu long mais l’endroit est magnifique et mérite de s’y attarder.Les rues semblent moins authentique que Boukhara, car Khiva est le point de départ des voyages organisés, qui font la route dans le sens inverse de moi (pour passer du temps ensuite en vallée du Fergana). Sur ces trois jours, j’en aurai profité pour faire une excursion dans le Karakalpakie, une république autonome aux villages et paysages délabrés, et bien évidemment approcher le désert du Kyzylkoum afin de découvrir quelques forteresses des IIIe et IVe siècles de notre ère, ensablées. D’un côté les dunes, de l’autre la steppe, chacune à perte de vue, avec parfois une étendue de sel. Le paysage est magnifique et le soleil tape. Parfait pour un dernier jour de vacances !

Un commentaire

  1. Dommage pour Boukhara, c'est également ma ville préférée! C'est vrai qu'elle contraste vraiment avec Samarcande au niveau de l'animation et du côté chaleureux. Moi je dis, arrêtons de bouder l’Ouzbékistan, qui malgré quelques contrastes est un pays ou la population est très accueillante (tout du moins c'est ce que j'ai trouvé). Merci de partager ton expérience 🙂

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